C dans l’air du 25 février 2026 - Trump fait le show, l'Amérique doute
Un exercice d'autosatisfaction historiquement long : 1h47. Pour son traditionnel discours sur l'état de l'Union, Donald Trump y est allé avec la vision caricaturale qu'on lui connaît, se targuant d'avoir accompli en un an « une transformation sans précédent » de son pays, essaimant au passages de féroces critiques envers le camp démocrate. « Notre pays est de retour (…) L’inflation chute, les revenus augmentent vite, l’économie est florissante comme elle ne l’a jamais été », s'est-il vanté. Et peu importe si la Cour suprême a censuré quelques jours plus tôt une grande partie de ses droits de douane, faisant planer le risque d'un remboursement d'environ 133 milliards de dollars aux importateurs surtaxés. Ses juges seraient des « idiots », des « caniches » au service de la gauche « radicale ». Mais une majorité des Américains en croient plus en ces fanfaronnades : près de 60 % d’entre eux désapprouvent la façon dont le locataire de la Maison Blanche mène la politique économique du pays. La croissance de 2,2 % en 2025 est jugée satisfaisante, mais elle reste en deçà des 2,8 % en 2024, et bien loin des promesses de Donald Trump. Quant à l'inflation, qui pèse sur les ménages, elle reste élevée, à 2,4 %.
Donald Trump s'est longuement félicité de sa politique anti-migratoire assurant que la frontière n’avait « jamais été aussi sûre », malgré la mort de deux Américains lors d'opérations de l'ICE en début d'année. Lorsqu'il a fait applaudir sa politique de lutte contre l'immigration illégale, accusant les élus démocrates comme pour le reste d'un bilan désastreux, ceux qui étaient assis face à lui ne se sont pas levés. Signe de la tension politique qui parcouraient la salle, l'élu afro américain Al Green, a même brandi une pancarte indiquant « Les Noirs ne sont pas des singes », en référence à une vidéo postée par le président américain sur Truth Social montrant les visages de Barack et Michelle Obama sur des corps de primates, avant de se faire expulser de l'assemblée.
L'autre dossier sur lequel Donald Tump était attendu n'était autre que la menace iranienne, huit mois après les bombardements américains sur les centrales nucléaires du régime islamique. Le locataire de la Maison Blanche a accusé Téhéran d’avoir « développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et [les] bases [militaires américaines] » et de chercher « à construire des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis ». Ces dernières semaines, le président américain a d'ailleurs massé ses troupes dans le Golfe persique, laissant craindre une nouvelle attaque. « Nous sommes en négociations avec eux. Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots-clés : “Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire” », a conclu le président américain.
La situation économique des Etats-Unis s'est-elle vraiment améliorée sous Donald Trump, comme il le prétend ? Jusqu'où ira le président américain dans sa politique migratoire ? Et quelles sont les intentions de Donald Trump avec l'Iran ?
Experts :
- Corentin SELLIN - Professeur d’Histoire en classe préparatoire, spécialiste des États-Unis, chroniqueur - Les Jours
- Amy GREENE - Enseignante-chercheur à Sciences Po Paris, spécialiste de la vie politique américaine et de la politique étrangère
- Muriel DOMENACH - Ancienne ambassadrice de France à l'OTAN
- Bruno TERTRAIS - Directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, auteur de « La guerre des mondes »