C dans l'air du 9 avril 2026 - Cessez-le-feu : Trump négocie, Netanyahu pilonne
Les négociations qui doivent commencer demain au Pakistan sont déjà menacées après les frappes massives menées par Israël au Liban et le doute que laisse planer l’Iran sur sa participation. Hier, l’État hébreu a frappé le Liban à plus de 100 reprises en quelques minutes, faisant au moins 254 morts et plus de 1 000 blessés, selon un bilan provisoire des autorités libanaises. « Des tueries épouvantables », a dénoncé l’ONU. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, parle d'un « choc » après « des attaques intolérables qui fragilisent le cessez-le-feu ». Pour le chef de la diplomatie française, « le Liban doit être impérativement couvert » par le cessez-le-feu, ce que refuse le gouvernement israélien. Une possible suspension de l'accord entre l'Union européenne et Israël pourrait être rediscutée après les frappes israéliennes «disproportionnées» au Liban et les exactions commises par les colons en Cisjordanie, a-t-il ajouté.
Israël frappera le Hezbollah « partout où il le faudra », a déclaré ce jeudi encore le Premier ministre Benyamin Netanyahou. L’Iran, de son côté, a prévenu que le Liban constituait une « partie inséparable » de l’accord de cessez-le-feu au Moyen-Orient, ajoutant que toute violation de la trêve provoquerait une « réponse ferme » de sa part. « Éteignez l’incendie immédiatement », a ajouté le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Pour lui, trois points importants du plan iranien en dix points ont déjà été violés avant même le début des négociations, citant l’attaque d’Israël au Liban, le survol d’un drone sur le territoire iranien et le refus « du droit de l’Iran à l’enrichissement d’uranium » par les États-Unis.
Des négociations plus qu’incertaines vont s’ouvrir ce vendredi. En route pour le Pakistan, le vice-président JD Vance dirigera cette fois la délégation américaine à Islamabad, alors qu’aux États-Unis, le débat enfle sur les décisions prises par Donald Trump et sa santé mentale. Dans une longue enquête, le quotidien américain The New York Times raconte les heures décisives au cours desquelles le président des États-Unis a écarté les mises en garde de ses conseillers pour décider, sur proposition de Benyamin Netanyahou, de déclencher la guerre en Iran.
Très critique à l’égard de Donald Trump, qu’il accuse d’avoir « sous-estimé l’impact de la guerre », Robert Malley, ancien conseiller Moyen-Orient de Barack Obama et Joe Biden, nous a accordé une interview. Ce diplomate est l’un des artisans du fameux JCPOA, l’accord sur le nucléaire conclu avec Téhéran en 2015. Il nous livre les coulisses de ces négociations et décrypte le plan de paix proposé par le régime iranien, soutenu par la Chine.
Nos experts :
- Guillaume LAGANE - Spécialiste des questions de défense, enseignant à Sciences Po
- Philippe GELIE - Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
- Patricia ALLEMONIERE - grand reporter, autrice de Géopolitique du Sahel publié chez PUF
- Jean-Dominique MERCHET - journaliste à L’Express, spécialiste des relations internationales et des questions de défense, auteur Sommes-nous prêts pour la guerre publié chez Tempus / Perrin
- Sonia DRIDI ( en duplex) - Correspondante à Washington pour France 24 et LCI