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    Argentine: 50 ans après le coup d'État de 1976, la mémoire résiste

    2026-03-23
    En Argentine, les petits-enfants de disparus reprennent le flambeau de la mémoire. Leurs grands-parents ont lutté contre la dictature dans les années 1970, leurs parents contre l’impunité dans les années 1990, eux luttent aujourd’hui contre l’oubli. Alors que le pays commémore ce mardi les 50 ans du coup d’État de 1976 sur fond de révisionnisme historique de la part du président Javier Milei, notre correspondant Théo Conscience est allé à la rencontre de cette nouvelle génération.
    De notre correspondant à Buenos Aires,
    On les reconnait au foulard blanc noué autour de leur tête. Comme chaque semaine depuis près de 50 ans, les Mères de la place de Mai entament une nouvelle ronde pour réclamer la vérité sur le sort de leurs enfants disparus pendant la dictature.
    « C’est la ronde nᵒ 2501. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, elles n’ont jamais arrêté de venir. » Lucas Pedulla se joint régulièrement aux rondes hebdomadaires des Mères de la place de Mai. À 35 ans, il appartient au collectif Nietes, qui regroupe depuis 2019 des petits-enfants de disparus de la dictature. Son grand-père Juan Jorge Wehitt a été enlevé par les militaires en 1978.
    « Le crime de disparition forcée est un crime qui continue de se perpétuer jour après jour, car chaque jour, ma mère attend de savoir ce qui est arrivé à son père. Donc pour moi venir ici, c’est une manière d'inscrire ce combat sur la durée », complète-t-il.
    À écouter aussiGéopolitique - Argentine : mémoire en danger ?
    « La mémoire, c’est quelque chose qui se transmet »
    Selon les organisations de défense des droits humains, la dictature a fait disparaître plus de 30 000 opposants entre 1976 et 1983. Un chiffre aujourd’hui remis en cause par le président ultralibéral Javier Milei, qui promeut une réécriture historique du récit de la dictature.
    « Les discours négationnistes gagnent beaucoup de terrain, que ce soit au sein du gouvernement ou avec le président qui réhabilite de vieilles théories pour justifier ce qui s’est passé. » Rocco Bianchi Bolzan, 21 ans, est lui aussi petit-fils de disparu. Face au révisionnisme de Javier Milei, et alors que les Mères de la Place de Mai sont chaque année un peu moins nombreuses, le collectif Nietes se prépare à reprendre le flambeau de la mémoire, explique Lucas.
    « Nous pouvons interpeller, raconter et expliquer l’importance de cette cause à des générations pour qui la dictature est quelque chose de lointain », explique Lucas Pedulla.
    Pour toucher cette génération qui ne connaît la dictature qu’à travers les livres d’histoire, le collectif Nietes organise régulièrement des rencontres avec des collégiens et des lycéens. L’enjeu, explique Rocco, c’est de transformer l’Histoire en mémoire. « La mémoire, c’est quelque chose qui se transmet. Rien qu’en racontant une histoire à la première personne, on livre un témoignage qui permet l’empathie et l’identification, et on peut profondément toucher les gens. »
    À côté de Rocco, Lucas Pedulla approuve. « Il faut cultiver la sensibilité », conclut-il.
    À lire aussiArgentine: 45 ans après, les Grands-Mères de la place de Mai toujours à la recherche des enfants disparus
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    Exercice Cold Response: des milliers de soldats de l'Otan s'exercent au-delà du cercle polaire

    2026-03-22
    Dans le nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire, des milliers de soldats s’entraînent dans le froid et la neige. L’exercice de l’Otan Cold Response 2026 réunit 14 pays alliés pour tester leur capacité à combattre et à coopérer dans des conditions arctiques. Le chancelier allemand et le Premier ministre canadien ont fait le déplacement pour saluer leurs troupes. Dans un contexte de tensions accrues avec la Russie, ces manœuvres prennent en effet une importance stratégique particulière.
     
    Un reportage de notre envoyée spéciale à Bardufoss, aux côtés des soldats en plein exercice militaire, à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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    Attentats de Bruxelles: 10 ans après, les Bruxellois toujours marqués

    2026-03-21
    Il y a dix ans jour pour jour – le 22 mars 2016 – avaient lieu les attentats de Bruxelles, quelques mois après les attentats de Paris, perpétrés par la même équipe de terroristes et revendiqués par l'organisation État islamique. Une tragédie qui a profondément marqué les Belges et la capitale européenne. Alors que les cérémonies officielles de commémoration se déroulent ce 22 mars, comment la ville vit-elle avec les souvenirs de la tragédie ?
    De notre correspondant à Bruxelles,
    Un peu avant 8 heures ce 22 mars 2016, les kamikazes faisaient exploser deux bombes à l’aéroport de Bruxelles, soufflant une partie du hall des départs de l’aéroport de Zaventem. Une heure plus tard, une section du deuxième wagon de la rame de métro qui s’apprêtait à quitter la station Maelbeek, au cœur du quartier européen, volait en éclats. Un kamikaze venait de se faire sauter avec son sac à dos. Bilan de ces attentats, attaques les plus meurtrières de l'histoire de la Belgique : 35 morts et 340 blessés.
    Au mur de la station de métro Maelbeek, une plaque vitrée de plusieurs mètres de long abrite depuis 10 ans des messages de soutien et d'espoir rédigés quelques semaines après les attentats. Au niveau inférieur, sur le quai, Georges, 84 ans – 74 à l'époque –, se souvient : « Moi, j'étais à 6,5 mètres de la bombe. Je crois que j'étais un des plus proches de ceux qui sont sortis vivants de là. Et la chance que j'ai eue, c'est qu'il y avait des sièges et ils m'ont un peu protégé. » Ses souvenirs se font plus précis : « J'avais le crâne brûlé au troisième degré, mes mains brûlées et la figure brûlée au deuxième degré. Je me suis évanoui peut-être une fraction de seconde, mais je me suis retrouvé, je ne sais pas comment, debout. Et comme mes jambes étaient plus ou moins intactes, j'ai couru tout en haut. Comment je m'en suis sorti ? Je n'en sais rien », conclut l'octogénaire.
    Sur place, à Maelbeek, tout est désorganisé avec des secours qui sont à l'aéroport, là où les premières bombes ont explosé une heure plus tôt. Gaëtan Meuleman, secouriste occasionnel, intervient et participe à la mise en place d'un hôpital de guerre au rez-de-chaussée d'un hôtel voisin. « C'est le chaos, c'est le chaos total. Les premières victimes ont été posées à même le sol, sans matériel. Il faut attendre que les secours arrivent, se rappelle-t-il. On a fait le maximum de ce qu'on a pu avec les moyens qu'on avait. Mettre des perfusions pour pouvoir mettre des voies d'entrée, il faut compenser les hémorragies, les brûlures, mettre les anti-douleurs. On est face à des plaies qu'on n'a pas l'habitude de voir. »
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    « On n'est pas indemne, on a perdu des plumes »
    Et puis il y a l'après. « Tous les intervenants, quels qu'ils soient, ont été confrontés à l'horreur. Personne, personne n'était prêt ce jour-là. Personne. Mon entourage, ma famille ont essayé de me dire que je n'allais pas bien, confie le secouriste. Mais moi, je pensais : foutez-moi la paix. Et puis j'ai vu un psychologue. Je n'avais jamais vu de psychiatres et de psychologues avant le 22 mars. Puis on se rend compte que ben non, on n'est pas indemne, on a perdu des plumes. »
    10 ans plus tard, la date du 22 mars résonne pour chaque Bruxellois, chacun, chacune se rappelle où il était à ce moment-là, et ce qu'il faisait lorsque les bombes ont explosé. « On croise dans les couloirs des collègues qui gardent des séquelles des attentats, des personnes défigurées », témoigne Nathalie, qui travaille au sein des institutions européennes voisines. « Nous nous souvenons de ceux et celles qui étaient ici. Nous continuerons à nous en souvenir et nous espérons que quelque chose comme ça ne se reproduira jamais », poursuit Gina, sa collègue.
    Un message d'espoir partagé par de nombreuses victimes avec un mot qui revient souvent, celui de résilience. Mais aussi une peur : celle de l'oubli et la crainte que peu à peu, le nom des victimes s'efface des mémoires.
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    Journée internationale des forêts: l'Irlande et le défi du reboisement

    2026-03-20
    On l'appelle l'« île d'émeraude ». Pourtant, l'Irlande est l'un des pays les moins boisés d'Europe. À l'occasion de la Journée internationale des forêts, direction cette terre particulière : seul 11% de son territoire est recouvert de forêts. Mais le gouvernement irlandais veut augmenter cette surface à 18% d’ici 2050. L'Irlande se reboise donc à marche forcée.
    De notre correspondante à Dublin,
    Niall Charleton montre comment planter un arbre : « Alors, je vais creuser un trou carré. Je soulève simplement la motte du sol, j'y place les racines, puis je remets un peu de terre par-dessus. Et voilà, notre arbre est planté ! »
    Sa pelle à la main, Niall, 68 ans, est prêt à se retrousser les manches. Et le programme s'annonce chargé pour cette quarantaine de bénévoles. Objectif : planter 1 000 arbres en une seule journée, dans ce parc du sud du comté de Dublin. Mais il faut viser haut, explique Niall. L'Irlande accuse un retard considérable en matière de couverture forestière : seulement 11% de son territoire est boisé, contre une moyenne européenne à 35%.
    « C'est une véritable honte ! Et en matière de forêts naturelles, à peine 2% de notre territoire en est couvert. Tout le reste, ce sont des plantations industrielles, dominées par l'épicéa de Sitka. Une filière du bois florissante, mais un désastre pour la biodiversité : c'est toxique, ça étouffe le reste du vivant ! Mais nous vivons sur une île humide : alors, ces arbres poussent plus vite ici que partout ailleurs en Europe, grâce à des pluies quasi permanentes, vous l'avez peut-être remarqué », conclut Niall, un brin ironique.
    Cette espèce, qui pousse donc rapidement en Irlande, est entièrement destinée à être coupée et commercialisée. L'Irlande compte en fait très peu d'arbres indigènes. Or, selon les bénévoles, seules des forêts mixtes favorisent vraiment la biodiversité.
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    Si un agriculteur plante des arbres, « la terre est dédiée à la forêt »
    Ce jour-là, c'est le conseil municipal de Dublin qui a financé les jeunes pousses, comme du frayssinet de Killarney et de l'aubépine. Un geste qui s'inscrit dans un plan bien plus ambitieux : le gouvernement souhaite planter 8 000 hectares d'arbres chaque année, soit l'équivalent d'une forêt de la taille de Strasbourg. Et pour y parvenir, des incitations encouragent les agriculteurs à planter sur leurs terres. Mais selon Martha O'Hagan, professeure de finance durable à l'université Trinity de Dublin, plusieurs freins persistent :
    « Il existe cette règle, selon laquelle une fois qu'un agriculteur plante des arbres, la terre est définitivement dédiée à la forêt. Il prend ainsi une décision sur l'usage de ses terres pour les générations futures, ses enfants et petits-enfants. En plus, la valeur à l'hectare de cette parcelle chute, puisqu'elle ne peut plus servir qu'à la sylviculture ! De quoi faire hésiter les agriculteurs. »
    Et pourtant, il y a urgence. Sans baisse des émissions d'ici 2030, l'Union européenne pourrait infliger à l'Irlande jusqu'à 26 milliards d'euros d'amende. Et les forêts, on le sait, restent l'un des meilleurs puits de carbone pour lutter contre le réchauffement climatique.
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    Turquie: un an après l’arrestation d’Imamoglu, la jeunesse du CHP reste mobilisée

    2026-03-20
    Il y a un an, le 19 mars 2025, un séisme politique secouait la Turquie. Le maire d’Istanbul, la plus grande ville du pays, et principal opposant du président Erdogan, était arrêté pour des allégations de corruption, puis incarcéré quatre jours plus tard. Sa détention a déclenché une vague de manifestations massives et une mobilisation inédite dans les rangs de son parti, le CHP, qui dénonce un complot visant à saboter la candidature d’Ekrem Imamoglu à la prochaine présidentielle. Depuis un an, la branche jeunesse du parti est particulièrement mobilisée derrière lui et ne perd pas espoir. 
    Ankara, siège du CHP, Parti républicain du peuple. Özgür Özel, son dirigeant, tient une conférence de presse consacrée à ce qu’il appelle « le gang judiciaire » derrière l’arrestation d’Ekrem Imamoglu et son procès pour « corruption ». Cela fait un an que le maire d’Istanbul, le principal rival de Recep Tayyip Erdogan, est derrière les barreaux.
    Au fond de la salle, téléphone à la main, Dogukan Koçoglu retranscrit l’événement sur les réseaux sociaux. Sur sa veste de costume bleue, il porte un drapeau rouge orné de six flèches blanches, le symbole du CHP. Il a 23 ans. Il se souvient très bien du 19 mars 2025, le matin de l’arrestation d’Ekrem Imamoglu. « Je ne me suis jamais senti aussi désespéré… J’ai pensé que tout était fini, que ce pays n’avait plus d’avenir », dit-il.
    Du désespoir à la mobilisation
    Un an plus tard, ce membre de la branche jeunesse du CHP n’est plus dans le même état d’esprit. Il parle avec excitation des manifestations massives qui ont suivi l’arrestation, puis des rassemblements hebdomadaires du CHP dans tout le pays, jusqu’au 99e, cette semaine, devant la mairie d’Istanbul. « Je sens qu’on est beaucoup plus forts qu’il y a un an. Le CHP, Ekrem Imamoglu, moi, les autres militants… Parce qu’on a quand même traversé des épreuves inimaginables ! Le pouvoir a fait emprisonner une quinzaine de nos maires. Il a même essayé de mettre le parti sous tutelle, mais il a échoué. Au CHP, on est conscients qu’on est à l’aube d’une renaissance, mais que l’accouchement se fait dans la douleur. On attend avec impatience les élections, le jour où ce pouvoir devra rendre des comptes ».
    « Si on ne fait rien maintenant, demain il ne restera rien à défendre »
    Cette élection présidentielle aura lieu au plus tard en mai 2028. Mais la candidature d’Ekrem Imamoglu semble plus que compromise. Non seulement il est en prison et accablé par les procès, mais son diplôme universitaire a été annulé la veille de son arrestation au prétexte d’irrégularités, ce qui l’empêche légalement de briguer la fonction suprême. Pourtant, le CHP refuse d’envisager un autre candidat. Okan Apan, rapporteur pour la jeunesse au sein du QG de campagne d’Ekrem Imamoglu, l’explique avec un proverbe turc. « C’est l’histoire du loup qui s’approche du troupeau et dit : "Je ne veux que le bœuf roux, après je vous laisse tranquille". Mais bien sûr, le loup ne cesse de revenir, d’exiger toujours plus… À la fin, il n’y a plus de troupeau. Si on laisse tomber Imamoglu, tout autre candidat sérieux se trouvera empêché à son tour. Ce serait jeter le CHP dans une impasse ». Ce militant signale aussi que les rangs de la branche jeunesse du CHP n’ont fait que croître depuis un an, malgré la répression. « Chez beaucoup de jeunes, il y a ce sentiment très fort que si on ne prend pas de risque maintenant, si on ne fait rien maintenant, demain il ne restera rien à défendre ».
    D’ici aux élections, le CHP a l’intention de continuer à manifester, mais aussi d’être plus présent sur le terrain, auprès des électeurs. Et notamment auprès des jeunes. 
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